Accueil de la Conférence regionale du sport en centre val de loire

Guillaume Choumert, secrétaire général adjoint pour les affaires régionales du Centre-Val de Loire a présenté, au nom de la Préfète de la région Centre-Val de Loire, le 16 janvier, à Orléans le premier plan régional d’adaptation des pratiques au changement climatique, réalisé par la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES) à partir de l’étude de Maël Besson de l’agence Sport 1.5.

Rodolphe Legendre a présenté les cinq mesures du plan.
Rodolphe Legendre a présenté les cinq mesures du plan.

Il s’agit du premier plan régional de ce genre réalisé en France. Pour rappel, il existe depuis décembre 2024, un plan national d’adaptation des pratiques sportives au changement climatique.(https://www.sports.gouv.fr/adapter-les-pratiques-sportives-au-changement-climatique-1186).

Une région à +2°C

Maël Besson a dressé un panorama des effets du changement climatique à l’horizon 2030 en s’appuyant sur six disciplines représentatives de notre région (en intérieur, extérieur, une pratique collective, sur terrains engazonnés, en milieux aquatiques…) : le badminton, le cyclisme, le football, le golf, la natation et l’équitation. Parmi les premiers constats, on observe une augmentation des températures : 75% des communes subiront en moyenne entre 20 et 30 jours chauds par an (jusqu’à 51 jours par an à plus de 30°C) avec pour conséquence des risques pour la santé. 49% des gymnases de la région ont aujourd’hui plus de quarante ans et ne sont donc pas adaptés pour faire face à ces fortes chaleurs. Au niveau des sites naturels de baignade, cela signifie également un risque d’augmentation de la présence de cyanobactéries et donc d’interdiction de la baignade.

Un défi à relever pour toutes les disciplines

Si les saisons estivales devraient s’allonger de la mi-mai jusqu’à la mi-octobre pouvant être un atout pour le tourisme, cela pourrait constituer également un défi organisationnel pour la région. Mais surtout cela veut dire jusqu’à 5 mois de jours secs, les années les plus extrêmes, qui pourraient être constatés avec des effets économiques pour les golfs notamment. Idem pour les structures équestres qui devront faire face à des contraintes concernant l’eau et la quantité de fourrage. Sans oublier, le risque lié au retrait-gonflement des sols argileux qui concerne 76% des installations.

Le risque incendie est également dans les conséquences de cette augmentation des températures. La région se trouverait alors dans une situation similaire aux Landes aujourd’hui, avec 10 à 15 jours par an d’interdiction d’accès aux sites boisés.

Les précipitations hivernales devraient également augmenter en cumul de 12% avec des effets sur les terrains engazonnés.

Des ligues déjà mobilisées


Le golf utilise déjà l'intelligence artificielle dans sa gestion de l'eau et des intrants.
Le golf utilise déjà l’intelligence artificielle dans sa gestion de l’eau et des intrants.

En Centre-Val de Loire, il existe déjà une mobilisation autour du sujet à travers la coalition « Vers un sport écoresponsable », pilotée par le Comité Régional Olympique et Sportif avec les Ligues et Comités, en collaboration avec le Conseil régional. Lors de la présentation du plan régional d’adaptation, la Ligue de rugby et la Ligue de golf ainsi que le golf de Bourges ont ainsi témoigné des mesures et actions qu’ils mettent déjà en place. Cela va des outils numériques pour aider au choix des lieux pour organiser leurs événements en passant par l’utilisation de l’intelligence artificielle pour diminuer l’arrosage.

5 mesures d’adaptation

Pour faire face à ce monde de demain, le plan régional d’adaptation des pratiques sportives au changement climatique propose cinq mesures. La première consiste à sensibiliser et former les pratiquants comme les encadrants aux bons comportements à adopter. La deuxième mesure est l’intégration des projections climatiques dans la définitions des politiques et plans de développement de la pratique. La troisième mesure, quant à elle, est d’éco-conditionnaliser les subventions. La quatrième mesure consiste en la modification de l’organisation des pratiques et rencontres sportives. Enfin, la cinquième mesure est de rendre les infrastructures sobres et résilientes au changement climatique.

La Conférence Régionale du Sport, une locomotive du changement

« L’adaptation au changement climatique ne veut pas dire renoncer à la pratique sportive ! C’est continuer autrement car c’est également notre héritage pour les générations futures  » a insisté Rodolphe Legendre, Délégué régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports et secrétaire de la Conférence Régionale du Sport, après avoir appelé la Conférence Régionale du Sport à être « une locomotive du changement ». Jérémie Godet, vice-président de la Région délégué au climat et aux transformations écologiques des politiques publiques, quant à lui, a remercié au nom du Conseil Régional cette initiative du plan.

Pour en savoir plus, la synthèse et le document complet du plan régional d’adaptation des pratiques sportives comprenant le panorama sont à retrouver ici.